Soirée chez les Durant

Non pas que ce soient des gens riches ou pauvres, c’est juste un couple qui a tout du couple parfait vu du monde extérieur.

Enfin, « chez les Durant », disons plutôt organisée ‘par’, comme chaque année. Chaque année, donc, plutôt que de partir en vacances comme la plupart des gens moyens, ils organisent une soirée.

Y sont invités, les amis des Durant plus ou moins éloignés, des collègues actuels et anciens, et d’autres rencontrés au hasard de la vie.

C’est donc une trentaine de personnes qui se connaissent plus ou moins ou pas du tout qui se retrouvent à cette soirée.

Pour Sabine, c’est la seconde fois qu’elle est invitée à cette soirée. La dernière remontant à quelques six années. Que le temps a passé vite constate-t-elle alors !

À l’époque elle était seule, elle avait 25 ans et était célibataire, ce que beaucoup semblent considérer comme étrange.

Non pas qu’elle soit repoussante, bien au contraire ! Elle a ce genre de regard dont on a du mal à se détacher qu’un sourire splendide rehausse. Pour son physique il n’est pas celui d’un mannequin anorexique, mais celui d’une femme avec des rondeurs normales. Rien à redire donc du côté physique car beaucoup d’hommes étaient à ses pieds pour ce dernier, ce qu’elle détestait mais sans éprouver une certaine satisfaction.

Était-ce lié à son caractère ? Il est vrai qu’elle avait du caractère et savait s’affirmer, mais toujours en sachant respecter l’autre, tout comme la femme intelligente qu’elle a toujours été. En fait elle était restée célibataire simplement parce qu’elle n’avait pas trouvé chaussure à son pied.

Mais les années passants, et le regard des autres aidant, elle avait fini par épouser celui qui l’accompagnait à cette soirée.

Patrick, son mari donc, découvre la soirée chez le Durant.

C’est un homme de taille légèrement en dessous de la moyenne, cheveux noirs.

Malgré son regard d’un bleu calme et profond on sent en lui un soupçon de nervosité, limite teigneux. Lorsqu’on le connaît, cette impression se confirme au-delà de toute espérance. Bien qu’il ne soit pas très subtil, cela ne l’empêche pas d’être toujours sûr de lui et de toujours vouloir avoir raison surtout lorsqu’il cherche à justifier le fait qu’il vote pour l’extrême droite, dernière preuve de sa supériorité dans imbécillité.

Il a des traits marqués par la vie, la vie d’une personne aimant boire surtout. Il dit ne pas vouloir d’enfant car il veut vivre sa vie et que cela coûte trop cher. Mais aussi parce qu’il ne veut pas partager sa « gonzesse », avec quiconque car c’est « sa chose » à lui seul.

A eux deux ils formaient l’un des deux couples idéaux d’un point de vue électromagnétique.

L’autre couple c’est Pamela et Jean. Tous les deux sont blonds aux yeux bleus, les ressemblances s’arrêtent là.

Pamela est l’archétype de la blonde bronzée et pulpeuse, dont le maquillage sert à lui seul de lifting. Ne lui manquait que le maillot de bain rouge. Au-delà de cet aspect plastique, se cache une femme prétentieuse, « m’as-tu vue », croqueuse d’hommes, qui a une sainte horreur des enfants. Bref, ce que la plupart des autres femmes qualifient de pire salope.

Toutefois, ce qui lui a fait accepté la demande en mariage de Jean, son mari, c’est son côté intéressée plus qu’autre chose.

Non pas que Jean soit moche, non. Certes, ce n’est pas un bel homme non plus, il a juste un certain charme malgré ses quelques kilos superflus.

Par chance pour elle, c’est une personne d’attentionné, généreux en actes et en cœur, un humour subtil, une certaine intelligence et cultivé.

Il n’est pas jaloux pour deux sous, mais cela ne l’empêche pas de souffrir lorsque ses soupçons sont confirmés, ou lorsqu’il dit ne pas vouloir d’enfants non plus.

Ils se sont rencontrés à cette même soirée deux ans plus tôt, pour elle s’était sa première, et lui sa seconde.

Ce sont donc ces deux couples qui se retrouvent à la même table dans ce restaurant choisi cette année par les Durant.

Comme souvent dans ces situations là, chacun se présente plus ou moins, les mondanités, les prénoms, d’où êtes-vous ? Vous faites quoi dans la vie ? Comment avez-vous connu les Durant ? Étiez-vous déjà venu à l’une de ces soirées ?

Bref, toutes les questions que tout le monde pose et dont tout le monde, ou presque, se fout de la majorité des réponses.

Puis chacun observe l’autre, plus ou moins discrètement, se fait une seconde opinion ou confirme la première faite à partir du visuel.

Jean pense que « la Pamella » est « bonne » et qu’il se la « taperait » bien. Il se demande aussi comment un mec pareil peut soulever une gonzesse si canon.

Pamela trouve que ce Patrick vulgaire et ne répond à ses œillades que pour le jeu. Elle a déjà conclu que seule une baudruche peut accepter ce genre de mec, en désespoir de cause.

Jean trouve Sabine toujours aussi ravissante et se demande comment et pourquoi ce genre de filles intelligentes sont toujours attirées pas les pires connards, la théorie des opposés peut-être ?

Sabine a confirmé sa première impression de « Bimbo » vis-à-vis de Pamela. En regardant Jean d’un peu plus près elle a changé son opinion et le trouve sympa, intelligent, cultivé, bref tout ce qu’elle cherchait sur un homme. Certes, côté physique ce n’est pas tout à fait ça, mais là aussi un autre regard lui a fait découvrir un certain charme auquel elle n’est pas insensible.

Elle en vient à se demander pourquoi tous les mecs biens sont avec les pires salopes !

Au fil des conversations, ils en sont arrivés à remémorer les anecdotes plus ou moins amusantes des soirées chez les Durant. A vrai dire, seuls Sabine et Jean peuvent en parler, mais cela semble amuser tout le monde et chacun apporte alors une autre anecdote provenant des soirées Durant ou d’autres.

Jean raconta la soirée où l’un des invités avait causé la panique générale car il était enfermé dans les WC depuis plus d’une demi-heure et ne répondait pas aux appels. Après quelques minutes de combat acharné avec la porte, on finit par l’ouvrir et découvrir que le brave homme était simplement endormi et que son âge et l’alcool l’avait rendu sourd.

Cette historie permit à Patrick de se rappeler et de raconter le jour où il avait pris une telle biture qu’il fût réveille par un curé indigné de le trouver endormi dans le confessionnal.

Sabine raconta la soirée où les Durant avaient organisé une soirée Halloween déguisée avec pour thème « Ce qui fait peur ». Parmi eux il y avait un gars déguisé en chien, d’un ridicule à mourir de rire. Il justifiait ce chois « original » parce qu’il avait peur des chiens. Le pire dans tout ça est que ce dernier l’avait invitée plus d’une fois à danser les slows et il avait même fini par donner son numéro de tel après des manœuvres maladroites et amusantes. Bien sûr elle ne l’avait jamais rappelé et lui avait donné un faux numéro.

Jean raconta juste qu’encore aujourd’hui il avait peur des chiens et s’en excusait.

Les personnages dans cette histoire, ainsi que l'histoire elle-même, sont 100% fictifs.
Bref, Vous connaissez la chanson :-).

Saisissez votre commentaire:
166​ +15 =᠎ ?